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L’analyse fonctionnelle à l’épreuve des neurosciences

Jeudi 8 décembre 2016 11:30 - Duree : 1 heure
Lieu : Amphithéâtre Serge Kampf, Grenoble Institut des Neurosciences (GIN) - Bât. Edmond J. Safra, Chemin Fortune Ferrini CHU, La Tronche

Orateur : Denis FOREST (Département de philosophie, Université Paris-Ouest Nanterre)

Depuis sa publication, l’article du philosophe Robert Cummins « L’analyse fonctionnelle » (Cummins, 1975) a suscité une vaste littérature secondaire (Craver, 2001 ; Millikan, 2002 ; Weber, 2005). Selon la définition de Cummins, la fonction d’un composant est la contribution de celui-ci à l’explication d’une capacité du système où ce composant est inséré. Si je suis convaincu que Cummins a rendu explicite un sens et un usage du terme de fonction qui correspondent à une part importante de la recherche en neurosciences (fonction des canaux ioniques, du gyrus fusiforme, etc.), je pense aussi qu’adopter la perspective de Cummins nous oblige à affronter plusieurs difficultés. Une de ces difficultés tient, très classiquement, à la relation entre l’analyse « anhistorique » de l’activité cérébrale, d’une part, celle qui est visée par Cummins, et d’autre part l’arrière-plan évolutif, que Cummins laisse de côté. Une seconde difficulté vient de ceci que parler de « composants », de « contribution » « d’insertion » et de « système », suppose en neurosciences une part importante d’idéalisation étant donné les propriétés de la machinerie neurale : du fait des connexions réciproques, par exemple, il est difficile de faire des régions cérébrales des composants dont le cerveau additionnerait les contributions sans que celles-ci soient modulées en retour par le contexte dans lequel elles sont définies. Il faut sans doute revoir l’idée de la division du travail qui est implicite dans la suggestion de Cummins. Une troisième difficulté, liée à la précédente, tient au débat sur la spécialisation fonctionnelle des régions corticales, un débat où partisans et adversaires d’une telle spécialisation continuent à s’affronter. Les capacités du cerveau s’expliquent-elles par des alliances entre spécialistes, ou par des coalitions de généralistes qui se spécialisent de manière opportuniste sans avoir de vocation fonctionnelle bien précise ? J’analyserai l’hypothèse du « redéploiement massif » de Michael L. Anderson, exemple contemporain d’une critique de la spécialisation fonctionnelle (Anderson, 2007 ; Anderson, 2015), et je conclurai sur l’intérêt persistant du cadre proposé par Cummins.

Contact : yves.goldberg@univ-grenoble-alpes.fr

Discipline évènement : (Biologie / Chimie)
Entité organisatrice : (GIN)
Nature évènement : (Séminaire)
Evènement répétitif : (Séminaire Grenoblois de Neurosciences)
Site de l'évènement : Polygone scientifique

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